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La forteresse de Montrond

> La forteresse de Montrond

 

La forteresse de Montrond est la seule fortification bastonnée édifiée dans le centre de la France. Ses origines remontent au XIIIe siècle.

Totalement agrandie et aménagée par Sully au début du XVIIe siècle, elle fut ensuite dotée d'un très puissant système de fortifications bastionnées conçu par Jean Sarrazin pour le Prince de Condé.

 

Visites

 

Le point de départ des visites est le local du Cercle d’Histoire et d’Archéologie du Saint-Amandois, face à l'entrée du parking, allée du Prince de Condé, au pied de la forteresse.

La visite permet de découvrir les fortifications dont le bastion du Grand Cavalier et ses galeries souterraines, mais aussi la haute cour, symbole de l'habitat seigneurial médiéval, où sont évoqués le corps du logis, sa cave voûtée et le donjon.

 

sur rendez-vous 

 

Contact :

Forteresse de Montrond

Allée du Prince Condé

18200 SAINT-AMAND-MONTROND

Tél. : 02 48 96 79 64 - 06 95 10 66 98

contact@forteresse-montrond.fr

www.forteresse-montrond.fr

 

Tarifs

 

5 € - 4 € et 3 €

gratuit pour les moins de 12ans

 

Accueil sur place

 

Du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00.

 

La forteresse développe son espace exposition en proposant une boutique spacieuse et agencée avec des livres sur le patrimoine, des cartes postales et quelques productions locales.

 

Un exemple de fortification unique

 

La forteresse de Montrond, (classée au titre des Monuments Historiques depuis 1988), dont la ville de Saint-Amand-Montrond (Cher) est propriétaire, est la seule fortification bastionnée, édifiée dans le centre de la France.

 

La forteresse occupe la totalité d'une colline qui domine la ville à laquelle elle a donné la moitié de son nom. Le choix du site est comme toujours stratégique, puisque cette situation favorable, au confluent de deux rivières, le Cher et son affluent la Marmande permettait le contrôle des voies de passage constitués par ces deux vallées. Jusqu'au XVème siècle, Montrond sur la rive droite et le Château d'Orval sur la rive gauche formaient un véritable verrou sur cette vallée du Cher.

 

Un site défensif de premier plan

 

Si la première source écrite atteste l'établissement d'un château-fort au début du XIIIème siècle, l'installation de l'homme sur ce site pourrait être bien antérieure.

 

L' évolution de la forteresse peut se résumer en 4 campagnes de constructions principales :

 

> celle du XIIIème siècle avec l'édification d'une enceinte renforcée par un gros donjon circulaire analogue à ceux construits sous le règne de Philippe Auguste.

> celle du XVème siècle menée par les d'Albret après l'abandon de leur château d'Orval dévasté par les Anglais Dans la première moitié de ce siècle, la forteresse est agrandie, renforcée et adaptée déjà à l'usage des armes à feu : la seule tour médiévale conservée en élévation témoigne de cette évolution, avec ses embrasures de tir conservées.

> celle entreprise par Sully, ministre du roi Henri IV et « grand maître de l'artillerie », entre 1606 et 1621. Le château a été entièrement remanié, embelli et agrandi, tandis que l'enceinte a commencé à être modernisée.

> celle poursuivie par Henri II de Condé avec les gigantesques travaux de fortifications bastionnées confiés à Jean Sarrazin, après le rachat de Montrond au Duc de Sully en 1621, jusqu'en 1650.


Jean Sarrazin, l'un des précurseurs de l'illustre Vauban, fit de Montrond, l'une des places fortes les plus modernes et les plus puissantes de France en ce milieu du XVIIème siècle.

 

Un épisode mémorable de la Fronde

 

Louis II de Bourbon, le « Grand Condé » ayant pris la tête de la Fronde des Princes, la forteresse fut son principal point d'appui en Berry et Bourbonnais.

Les armées royales, commandées par Philippe de Clérambault, comte de Palluau, mirent le siège devant Montrond en octobre 1651. Devant la résistance acharnée des partisans de Condé, commandés par le Marquis de Persan, gouverneur de la forteresse, l'Etat major du roi envisagea un moment de lever le siège. Mais ce retrait des troupes royales aurait été perçu comme un grave échec de Mazarin et des renforts furent envoyés. Sans ravitaillement, épuisée, la garnison de Montrond capitula le ler septembre 1652.

 

Ce siège de près de 11 mois, fut un grand traumatisme pour le Saint-Amandois, traduit par l'expression « Guerre de Montrond ». Sur ordre de Mazarin, les fortifications furent démantelées, Montrond ne présentant plus de réel enjeu stratégique puisque le règne de Louis XIV annonçait la monarchie absolue et la défense d'un royaume unifié concernait les frontières. Une forteresse aussi puissante au plein centre du territoire ne pouvait représenter qu'un danger pour le pouvoir...


Ce démantèlement qui n'avait pas touché les bâtiments du château lui-même sera pourtant suivi par son abandon progressif et sa ruine au XVIIIème siècle. Puis Montrond devint une vaste carrière de pierre pour les habitants de la ville, avant d'être en grande partie comblé et transformé en jardin public au XIXème siècle.

 

La renaissance de Montrond

 

Tombé dans l'oubli, le site renaît à partir de 1970 avec la création du Cercle d'Histoire et d'Archéologie du Saint-Amandois.
L'association, membre de l'Union REMPART, soutenue par la ville de Saint-Amand, et d'autres partenaires, s'attache à l'étude du monument et à la programmation des travaux pour sa mise en valeur. Après bientôt quatre décennies de recherches et de chantiers de bénévoles notamment, le site commence à être beaucoup mieux connu. Son intérêt scientifique apparaît clairement et son fort potentiel pour une ouverture au public est désormais démontré.

 

La poursuite de son dégagement devient indispensable pour donner à cet ensemble sa véritable cohérence et le rayonnement qu'il mérite. Des personnages aussi intimement liés à l'histoire de la France que Maximilien de Béthune, duc de Sully, Henri II de Condé et son fils Louis II, futur « Grand Condé », qui passa à Montrond une partie de son enfance, donnent à ce lieu une notoriété qui ne peut que contribuer à construire l'identité et l'image de la ville.

Le site résume à lui seul toute l'évolution de la fortification, depuis le moyen âge jusqu'à la période « moderne », de l'arme de trait à l'artillerie.
Montrond représente le seul exemple de fortification bastionnée dans le centre le la France. Par ailleurs, le « maître d' oeuvre des fortifications », Jean Sarrazin, ami de Descartes offre aussi à Montrond une forte originalité puisqu'il ne semble pas avoir oeuvré lui-même sur d'autres forteresses contemporaines. Cependant un « Jehan Sarrazin » est cité parmi les ingénieurs militaires qui sont intervenus pour fortifier la citadelle de Sisteron dans les Alpes de Haute Provence, mais vers 1589, ce qui pose une vraie question d'ordre chronologique. S'agissait-il d'une famille d'ingénieurs militaires ? Voilà une piste de recherche...

Ces différents caractères font incontestablement de la forteresse de Montrond un site unique.
La forteresse et son environnement peuvent sans aucun doute devenir un point fort d'un développement touristique que la qualité et la diversité du patrimoine proche justifie pleinement.

 

Enfin, sa grande proximité du centre de la ville est aussi un atout déterminant pour l'animation et la fréquentation de cette dernière.